Georges Perec: autobiographie et trauma

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Georges Perec: autobiographie et trauma

Please use this identifier to cite or link to this item: http://hdl.handle.net/10355/4718

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Title: Georges Perec: autobiographie et trauma
Author: Ducret, Viviane
Date: 2007
Publisher: University of Missouri--Columbia
Abstract: Georges Perec (1936-1982) a largementété étudié pour ses prouesses linguistiques et son talent d'écrivain hors-pair. Cependant, un nouveau domaine sur lequel se penche aujourd'hui la critique littéraire, à savoir le traumatisme, est de la plus grande pertinence pour lire l'oeuvre de cet écrivain, et plus particulièrement son travail autobiographique. Cette thèse montre, avec W ou le souvenir d'enfance mais aussi Ellis Island que l'originalité de l'autobiographie perecquienne est largement due au traumatisme que Georges Perec a subi dès sa plus jeune enfance : celle de la destruction de sa famille, juive, par les Nazis lors de la seconde guerre mondiale. Une telle expérience relève d'un intérêt particulier lorsque l'on la lie à l'autobiographie. Le rapport entre mémoire, récit (du)/et traumatisme est au coeur de l'écriture de Georges Perec, ce que je démontre par les analyses données de l'autobiographie et de la démarche autobiographique de cet écrivain, à travers les deux oeuvres citées. Perec crée véritablement un genre autobiographique nouveau. Avec W ou le souvenir d'enfance, celui d'une autobiographie devant se tourner vers la fiction pour mieux exprimer le traumatisme d'un moi (que l'auteur proclame amnésique) qui a été fracassée par l'Histoire à la grande hache-autrement dit le réel. Avec Ellis Island, son approche autobiographique tourne à une recherche collective documentaire par laquelle le sujet part à la recherche de sa mémoire identitaire à travers la rencontre de ceux qui ont partagé une expérience similaire à la sienne, c'est-à-dire ceux qui ont été forcés à l'exil de leur culture et de leur identité (tels les Juifs), de façon à mieux appréhender qui je suis, quelles sont mes racines, fondement de l'existence de celui à qui, Perec en tête, l'on a volé l'enfance. Ainsi ce travail présente et définit le traumatisme, particulièrement tel qu'appliqué à Perec, et l'explique notamment par une approche lacanienne, démontrant que Perec, comme toute personne humaine, fut soumis à la première instance traumatisante nécessaire de la condition humaine : le réel. Cette thèse se propose, se penchant sur le cas de Perec, d'explorer les liens entre l'individu et son rapport avec ce réel, qui dans le cas de cet écrivain fut des plus durs puisque toute sa lignée fut déportée et annihilée avant 1944. Parce que la littérature a constitué pour Georges Perec la voie royale d'approche de son trauma, je démontre que ce dernier est en fait l'origine même de son écriture, démontrable de toute évidence par l'étude d'un genre des plus intimes : l'autobiographie. La conclusion de ce travail établit que Perec, qui n'est pas parvenu à une résolution du traumatisme. L'autobiographie n'est pas, chez Perec, un véhicule pour se raconter et s'expliquer, à la Rousseau, mais celle de la formation d'une vie brisée, par conséquent d'un moi brisé, qui, lui, contrairement aux siens, annihilés, a voulu laisser des traces de son passage parmi nous.
Georges Perec (1936-1982) has been widely studied for his linguistic prowess and his unique talent as a writer. However, a new area into which the critique is now looking, trauma, is relevant at the utmost for studying the work of this author, and particularly his autobiographical work. This dissertation shows that W or the Memory of Childhood, but also Ellis Island, highlight the originality of Perec autobiography widely due to the trauma incurred by Perec as a young child, namely that of the destruction of his Jewish family by the Nazis during the second world war. Such an experience becomes particularly interesting when tied to autobiography. Additionally, the relationship between memory and recounting of the trauma lies at the heart of Georges Perec's writing, which I demonstrate in the analyses given of the autobiography and autobiographical endeavor of this author through the two above-mentioned books. In fact, Perec truly creates a new autobiographic genre with W or the Memory of Childhood, an autobiography which must resort to fiction so as to better express the trauma of an I (claimed amnesiac by the author) shattered by history with its Great Axe, in other words: the real. With Ellis Island, Perec's autobiographical approach turns into a research of collective memory through which he is in search of the memory of his own identity by means of meeting those, such as the Jews, who have gone through a similar experience of being forced into exile from their culture and identity.With this in mind, this dissertation introduces and defines trauma, in particular as applied to Perec, and explains it notably via a Lacanian approach, thus demonstrating that Perec, as any human being, was subjected to the very first traumatic instance presiding over the human condition: that of the real. This dissertation, focusing on Georges Perec's case, will explore the links between the individual and its relationship to that real, acutely harsh in the case of the writer since his entire family (with the exception of his paternal aunt) was deported and annihilated before 1944. I show that Perec chose literature as a means by which to tackle his trauma, which becomes obvious in the particularly intimate genre of autobiography. The conclusion of this dissertation establishes that Perec did not come to terms with his trauma. Autobiography is not, with Perec, a way to tell and explain onself (as Rousseau had done), but it is the writing of a broken life, a broken I, who, to the contrary of his annihilated family, wanted to leave a trace of his passage among us.
URI: http://hdl.handle.net/10355/4718
Other Identifiers: DucretV-110607-D9053

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